L'Initiative d’Auxiliaires Communautaires d'Enseignement d'Innovations for Poverty Action (IPA) a été développée au Ghana en partenariat avec le ministère de l'Éducation de ce pays par l'intermédiaire des services d'éducation du Ghana afin de relever (1) les faibles niveaux d'apprentissage au Ghana et de surmonter (2) les difficultés auxquelles sont confrontés les enseignants qui dispensent l'instruction dans des classes de niveaux d'apprentissage très différents. Ce programme se fondait sur des données probantes rigoureuses issues d'un programme réalisé en Inde, qui montraient que l'enseignement ciblé offert aux élèves en difficulté par des assistants communautaires d'enseignement était une méthode efficace pour améliorer la qualité des acquisitions en calcul, en lecture et en écriture. C’est pourquoi le programme du Ghana a eu recours à l’aide d’assistants d'enseignement locaux par l'intermédiaire du Programme national d'emploi des jeunes pour offrir un enseignement ciblé, portant sur la lecture, l'écriture et le calcul, aux élèves par le biais d'une approche axée sur l'enfant et fondée sur des activités.

Quatre variantes du programme ont été testées.

  1. Des cours de rattrapage offerts pendant les heures de cours par les Auxiliaires communautaires d'enseignement (TCA)
  2. Des cours de rattrapage après l'école ont été offerts par les TCA
  3. Les TCA assistaient les enseignants pendant les cours, en prenant des élèves au hasard pour revoir les leçons avec eux
  4. Les enseignants ont reçu une formation pour faire la classe en petits groupes constitués en fonction des niveaux d'aptitude des élèves.

La mise en œuvre de cette initiative s’est heurtée à plusieurs difficultés. Par exemple, les TCA ont enregistré une participation plus élevée et davantage de temps passé sur les exercices que les enseignants habituels, vraisemblablement parce qu'ils avaient été chargés de dispenser uniquement des cours de rattrapage et devaient proposer un nombre très précis de leçons chaque jour. Toutefois, en dépit de cela, ils ont tout de même éprouvé des difficultés à utiliser le matériel didactique et pédagogique de façon amusante et créative, probablement parce qu'ils étaient habitués aux méthodes avec lesquelles ils avaient appris eux-mêmes. Pour palier à cette difficulté, des cours de perfectionnement ont été mis en place une fois par trimestre pour leur enseigner des jeux, des chansons et d'autres activités interactives susceptibles d'être utilisées pour évaluer les connaissances des élèves, accroître leur participation et assurer leur engagement du début à la fin de la leçon. Le programme a également trouvé utile de limiter le matériel didactique et pédagogique à un petit nombre de séries d'éléments essentiels pouvant aisément servir dans plusieurs matières et différentes leçons afin d'établir des routines faciles à suivre. Parmi les autres difficultés rencontrées, citons les problèmes de logistique associés aux cours après l'école (par ex., des parents qui ont besoin que leurs enfants rentrent à la maison, ou la nécessité de nourrir les enfants s'ils restent à l'école après les cours) et la nécessité que la communauté valorise les cours de rattrapage pour garantir la réussite du programme. Pour que les communautés s’investissent davantage dans les programmes de rattrapage, surtout ceux qui ont lieu après l’école, des réunions ont été organisées avec les leaders communautaires dans le but de leur expliquer le programme, de répondre à leurs inquiétudes et de leur fournir des précisions sur les avantages de cette méthodologie de rattrapage scolaire.

Les résultats de l’évaluation rigoureuse qui a été menée ont révélé que travailler séparément avec des élèves en difficulté (c’est-à-dire après l’école) s’avérait très efficace pour améliorer les niveaux d’apprentissage. Plusieurs théories concernant les raisons susceptibles d’expliquer ce fait existent, notamment l’augmentation des heures de contact avec l’élève et moins d’occasions d’être distraits par d’autres élèves et enseignants. Les constatations de l’évaluation font aussi ressortir que les résultats persistent même au-delà de la 3ème année, particulièrement pour la lecture et l’écriture (en anglais et dans la langue locale). Si les cours de rattrapage enregistrent l’impact le plus positif sur les compétences élémentaires, ceux-ci peuvent également avoir un effet sur des compétences plus complexes, ce qui indique que la maîtrise des concepts élémentaires de la lecture, de l’écriture et du calcul aide les élèves à assimiler des compétences de niveau supérieur. L’étude a également montré que le développement des compétences en matière de rattrapage scolaire, surtout lorsqu’on a recours à un auxiliaire d’enseignement, peut avoir une forte incidence sur l’apprentissage des élèves qui sont souvent à la traîne.

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