L’initiative East African Quality in Early Learning (Qualité des apprentissages fondamentaux en Afrique de l’Est, EAQEL) de la Fondation Aga Khan, qui utilisait l’approche pédagogique Lire pour apprendre (Reading to Learn), visait à renforcer la qualité des apprentissages en lecture et en numération dans des districts du Kenya et de l’Ouganda qui enregistraient des résultats insuffisants. Cette initiative comprend deux volets, le Core Model (Modèle principal) et le Core Model Plus (Modèle principal étendu). Le Core Model porte sur les classes de la 1ère à la 3ème année ; il consiste à former les enseignants à l’approche Lire pour apprendre (une approche axée sur l’élève destinée à améliorer les aptitudes en lecture, écriture et numération en s’attachant à l’interaction sociale) et en aidant les écoles à améliorer l’offre de matériel didactique et pédagogique. Le Core Model Plus associe les activités du Core Model à un volet complémentaire qui sollicite l’implication des parents.

Ce volet suscitant la participation des parents comprend la narration d’histoires aux enfants, la mise en place de mini-bibliothèques communautaires et demander aux parents de lire à leurs enfants. Les enseignants contribuent à former les parents à l’aide des directives Reading for Children (Faire la lecture aux enfants) de la Fondation Aga Khan. Quelque cinq bibliothèques ont été créées dans chaque zone scolaire et, dans chaque village, un volontaire a reçu une formation sur les rudiments de la gestion d’une bibliothèque, notamment sur les registres de prêts afin de faire le suivi des ouvrages. Chaque volontaire a reçu un fonds de départ de quelque 230 ouvrages (en anglais et en swahili). À terme, le programme souhaitait que les parents utilisent ces mini-bibliothèques pour leurs enfants et qu’ils s’approprient la gestion de celles-ci.

Surmonter les difficultés

Globalement, le programme a constaté que la plupart des parents étaient réceptifs au programme. Toutefois, ceux qui ne voyaient pas comment ils pourraient aider leurs enfants s’ils ne savaient pas lire eux-mêmes ont manifesté quelques hésitations au début. Le programme a présenté à ces parents différentes stratégies, notamment se reporter à des images dans les ouvrages et demander à des frères et sœurs plus âgés de faire la lecture. Une fois que les parents ont été convaincus qu’ils pouvaient venir en aide à leurs enfants, ils ont été davantage disposés à participer au programme.

Le suivi de l’impact du programme dans les foyers a constitué une autre difficulté. Lors de la surveillance de l’impact du programme à l’échelle des villages, le programme a été en mesure d’assurer un suivi des pourcentages de prêts des bibliothèques et de consigner des observations faites lors des réunions ; toutefois, il était difficile de contrôler cet impact à l’échelle des parents en raison de la difficulté de savoir quels genres d’activités avaient lieu à l’intérieur du foyer. Compte tenu de ce facteur, l’initiative EAQEL s’appuyait sur les bibliothécaires des villages, qui pouvaient entrer chez les gens, pour leur rendre compte de cet aspect des effets du programme.

Le fait que, au bout d’un certain temps, de nombreux enfants avaient lu la plupart des livres de la bibliothèque de leur village, a présenté une difficulté supplémentaire. On s’attendait à ce que les écoles et les parents prennent des initiatives innovantes sur les façons dont ils pourraient ajouter de nouveaux livres dans la bibliothèque afin de la faire vivre. Ainsi, plusieurs initiatives ont été prises par la communauté : des parents ont apporté des livres de chez eux (par ex., que leurs enfants avaient lus lorsqu’ils étaient plus jeunes), d’autres ont acheté des livres dont ils ont fait don à la bibliothèque, et des membres individuels de la communauté ont sollicité des dons de livres à des amis, proches ou donateurs consentants.